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Le leadership pour prendre la parole en pleine confiance
Quand la honte prend toute la place
Il y a des moments où tout ne se passe pas comme prévu. Une réplique oubliée, un mot manquant, un trou de mémoire et la honte qui monte.
Je me souviens de ma plus grande honte sur scène. J’avais 12 ans, je jouais une scène de théâtre devant une centaine de personnes.
Au moment de dire ma réplique (celle qui devait déclencher tout le comique de la situation) : impossible de me souvenir du mot.
Le silence s’installe. Mes partenaires se tournent vers moi. Le public ricane. Quelqu’un finit par souffler le mot trop fort, ce qui fait encore plus rire tout le monde.
J’ai terminé la scène, mais je savais que personne ne se souviendrait du sketch. Tout le monde, en revanche, se rappellerait ce petit garçon paralysé par la honte.
Cette expérience, beaucoup la revivent adulte : lors d’une présentation, devant des collègues, un client, ou leur direction. C’est pour cela qu’il est essentiel d’apprendre à gérer les situations ridicules et le sentiment de honte qui les accompagne.
Situation gênante ou sentiment de honte ?
Tomber, oublier une phrase, être interrompu… Ces situations arrivent à tout le monde.
Ce n’est pas la situation en elle-même qui pose problème, c’est le sentiment de honte qui vient la transformer en malaise durable.
Dans mon cas, je n’étais plus simplement un enfant cherchant son texte, mais un enfant honteux de paraître ridicule.
Et c’est cette émotion, la honte, qui m’empêchait de retrouver mes mots.
Un exemple célèbre : l’interview sur la BBC
Souvenez-vous de cette interview devenue virale où un expert en direct sur BBC est interrompu par ses enfants.
La scène aurait pu rester amusante, mais la gêne des protagonistes rend la situation encore plus embarrassante.
Cet exemple illustre parfaitement la différence entre une situation ridicule (qu’on peut désamorcer) et le sentiment de honte, qui amplifie tout.
Le Graal : savoir gérer le ridicule sans honte
Oui, il est possible de vivre une situation embarrassante sans être submergé par la honte. Cela demande de la préparation, de l’entraînement et de l’expérience.
Regardez Edouard Philippe : lorsqu’il fait un lapsus en pleine conférence, il ne rougit pas. Il s’amuse de la situation, rebondit avec humour, et le public rit avec lui, pas de lui.
La différence ? Son premier réflexe n’est pas la honte, mais la conscience de ce que la situation va provoquer.
Il a appris à transformer le moment en complicité avec son auditoire.
Comment s’y préparer ?
On ne peut pas tout prévoir, mais on peut s’entraîner. Le stress naît toujours d’une situation complexe ou inconnue.
La seule manière de réduire cette complexité et cette inconnue, c’est de se confronter régulièrement à l’exercice.
Parler souvent, même brièvement. Répéter. Se préparer. Expérimenter.
Plus vous prendrez la parole, plus vous saurez gérer ce qui peut se produire. C’est ainsi que vous développerez votre capacité à réagir sans honte face à l’imprévu.
Pratiquer pour désamorcer la honte
Beaucoup d’orateurs appréhendent de revivre une situation ridicule. Pourtant, c’est cette peur qui les empêche d’évoluer.
Prendre la parole, c’est aussi apprendre à accueillir l’imprévu et à ne plus laisser la honte gouverner vos réactions.
Alors osez pratiquer, encore et encore.
Et souvenez-vous : plus vous parlerez, plus vous apprendrez à gérer les situations ridicules avec calme, recul et humour.
